Laurent a suivi Dawa sur ses terres natales afin de constater de ses propres yeux les actions en cours et à venir dans le village perché du Solukhumbu. Il a rapporté de son voyage, ses émotions, son engagement et un état de lieux des actions et projets de l'association.
C’est parti pour une petite randonnée. En fait, c’est juste le chemin à parcourir pour descendre au village. Là, toute proche de la maison de son enfance, se situent les bâtiments tout neufs de l’école que Dawa a construite.
Je fais quelques pas dans la salle de classe. les enfants, accompagnés de leurs parents, sont assis sur des bancs de bois disposés le long des murs colorés aux très jolies décorations. En contraste, au dehors, la météo est encore au gris. La brume est accrochée aux arbres, elle masque les profondes vallées dont les pentes verticales nous entourent. Les regards se tournent vers moi et cependant pas un mot, rien, un silence abyssal.
Cette matinée est consacrée à remettre les roupies collectées par l’association au professeur qui s’occupe et gère les enfants parrainés. Ce moment est très particulier : d’un côté heureux et chargé de promesses pour celles et ceux qui vont pouvoir bénéficier de l’aide à la scolarité et d’un autre côté, un jour triste et sans doute amer. En effet, quid de l’avenir de ces petits loulous qui ne vont pas bénéficier de cette aide ? Cette situation pénible m’affecte d’autant plus qu’iI y a plus de 20 ans, mon épouse et moi, nous avions aidé financièrement une enfant népalaise par le biais d’une association dont j’ai perdu le nom. Mais, au bout de quelques années, sans nouvelles de cette enfant, nous avons mis fin à cette participation.
Il faut rester optimiste, nous pouvons à nouveau, avec ceux qui sont présents ici avec nous par leurs dons, partager cette remarquable aventure.
A l’ordre du jour de la réunion, outre la remise des roupies en présence de l’enseignant responsable de l’école, se succèdent un point sur le fonctionnement actuel, le relevé des attentes et la présentation des projets à venir.
A l’issue de cette journée riche de solidarité et de partage et dont je sors empli d’admiration pour l’œuvre de mon ami Dawa, je retrouve ma chambre humide et froide. Je sens qu’une douche, même dans sa version la plus simple, me revigorera. Ici, une seule méthode : faire chauffer de l’eau sur le poêle puis la verser sur tout le corps à l’aide d’une cruche.
C’est de cette façon que, quotidiennement, les habitants se lavent sans même toujours pouvoir bénéficier d’un poêle. Dans les maisons ne sont installés ni douche ni espace de toilettes à proprement parler.
Le caractère rudimentaire de cette condition ne me choque pas. Car c’est ainsi, sans salle de bain, que j’ai réussi à faire ma toilette quotidienne dans ma jeunesse et ce, jusqu’à l’âge de 18 ans, date à laquelle je suis parti en internat pour y poursuivre mes études.
" Je fais quelques pas dans la salle de classe. les enfants, accompagnés de leurs parents, sont assis sur des bancs de bois disposés le long des murs colorés aux très jolies décorations. “
→ A suivre : Episode 4 ► Le monastère